Bonjour Marcelo, je pense que beaucoup de gens te connaissent, mais peux-tu te présenter ? Quel a été ton parcours ?

Je viens d’Argentine, c’est le pays ou j’ai joué toute ma vie depuis l’âge de 5 ans pour le club « San Fernando ». J’ai fait toutes les catégories en équipe nationale jusqu’en messieurs ou j’ai joué la Coupe du Monde en 1978. Après, j’ai arrêté ma carrière de joueur et je suis parti en France. J’ai eu un contrat de 3 ans avec la Fédération Française pour développer le hockey dans le Sud de la France comme coach formateur. Ensuite, j’ai eu un contrat de 2 ans avec le club « Junior » de Barcelone pour les Dames, Messieurs et Juniors. Ensuite, j’ai été appelé par un club Belge, et j’ai voulu déménager au nord de la Belgique, pour être près de la Hollande. J’ai donc signé avec les messieurs du Dragons et les dames de l’Orée et depuis lors j’habite Anvers. Ensuite j’ai signé avec l’équipe nationale Belge Dames ou j’ai coaché pendant 4 ans.

Marcelo Orlando 2Au départ je voulais faire une expérience en Belgique et puis tout s’est enchainé. J’ai été champion avec le White Star et puis j’ai pris la Gantoise. J’ai également rencontré mon ex-femme, c’est pour ça aussi que je suis resté en Belgique. J’ai eu la chance d’être champion de Belgique, de jouer pas mal de play-offs, beaucoup de coupes d’Europe, 3 EHL et en salle j’ai été plusieurs fois champion de Belgique avec différents clubs (dont le White Star et le Racing). Ensuite, j’ai coaché l’équipe nationale salle Belge en messieurs jusqu’à la coupe d’Europe en Suisse.

Après l’Orée, l’Ombrage m’a contacté pour reprendre les messieurs. J’avais l’école des jeunes de l’Ombrage depuis 3 ans, et ensuite est venu la proposition d’Uccle.

 Pourquoi avoir fait le choix d’Uccle sport ?

J’ai été contacté par Fabian Berger, qui est un grand ami et que j’ai eu la chance de coaché et d’être champion de Belgique avec lui au White Star. Il m’a expliqué le projet d’Uccle Sport. Cela m’a énormément plu car Uccle a toujours été un club que j’apprécie (j’ai été coach  des Dames à l’époque : on a perdu une demi-finale au Golden Goal et on a gagné la Coupe d’Europe B à Prague). J’ai toujours aimé Uccle, et la proposition avec un nouveau comité très dynamique, l’ambition du club et tous les travaux sont à la hauteur des ambitions du club. C’est un beau projet et mon objectif est de mettre Uccle à sa place, c’est-à-dire un grand club de Belgique.

 Que penses-tu du groupe ?

Le groupe est excellent, il y a des joueurs d’expérience que j’ai su garder et j’ai aussi beaucoup de jeunes qui ont du talent, qui travaillent bien. L’attitude du groupe est vraiment superbe, tout le monde travaille sérieusement dans la bonne humeur, je crois qu’on a un très bon mélange pour faire une bonne saison cette année et continuer à travailler l’avenir c’est vraiment ça qui m’intéresse.

 Ce premier tour est-il négatif, positif à tes yeux ?

Cela dépend : au départ je pense qu’on a bien commencé, la préparation était bonne, puis on a eu quelques blessés et c’est dommage. Dans l’ensemble on a été dans les 4 premiers pendant les ¾ du premier tour, et puis c’est vrai qu’il y a eu des joueurs importants blessés et puis il y a eu quelques passages à vide. C’est finalement un peu mitigé, on aurait pu finir plus haut le premier tour et se mettre déjà beaucoup plus à l’abri.

On va récupérer les blessés et à la vitesse à laquelle le groupe progresse et en tenant compte des erreurs qu’on a commis dans certains matchs, je pense que l’avenir sera beaucoup plus positif.

 Qu’est ce qui manque encore à cette équipe ?

Un peu d’expérience pour la gestion des matchs.

 Il y a eu aussi énormément d’absents, heureusement que le noyau s’est élargi…et que de plus en plus de jeunes intègrent le noyau, que penses tu de ton noyau?

On ne peut pas travailler sur le long terme si on ne donne pas la chance aux jeunes de prendre de l’expérience en première. Par contre on ne peux pas non plus faire des bons résultats qu’avec des jeunes, c’est pour ça que j’ai décidé de garder des gars comme toi, Gilles Cuvelier, Antoine Grignard, Loic Roman car ces joueurs m’intéressent énormément, et j’estime qu’ils peuvent aider les jeunes de demain à être compétitifs en division 1. Je pense aussi que nos étrangers apportent beaucoup, Cristian a beaucoup d’expérience, Oscar est jeune mais il a vécu déjà pas mal de compétitions internationales de haut niveau comme les Jeux Olympiques de la jeunesse  (il était dans la structure Kookaburra, le noyau large de l’équipe Messieurs A d’Australie). Maxime Danghin et Léonard Froissard sont des joueurs talentueux. Max a une superbe technique, Léo une condition physique incroyable, ce sont deux joueurs qui au niveau esprit d’équipe, ambiance et caractère pendant un match, sont vraiment des exemples. Je pense qu’avec les anciens et les nouvelles recrues c’est un très bon mélange pour donner de l’expérience et du professionnalisme pour les jeunes.
Je suis très positif et satisfait vis à vis des jeunes, c’est pour cela qu’ils sont avec nous. Je pense qu’ils ont du potentiel pour progresser et avoir à un très bon niveau dans l’avenir comme Romain Claes ou Jacques Menu qui ne s’entraine pas encore beaucoup avec nous car il est vraiment très jeune mais il a énormément de potentiel. Il y a aussi Cyril qui est très fort, Arnaud Poutet qui doit encore revenir à 100% de son niveau, Sacha Galet, Olivier Coulon qui est blessé mais qui revient tout doucement. Donc je pense qu’au niveau de nos jeunes, il y a beaucoup de potentiel en tout cas pour l’avenir.

 Comment vois-tu l’avenir de cette équipe à court terme, et à long terme ?

A court terme je pense qu’on va finir par faire une bonne saison. On a la qualité et le niveau pour finir dans les 5 premiers. On a prouvé qu’on en était capable. Et après il faudra voir l’évolution à la fin de la saison mais je pense que la saison prochaine sera la saison clé, car les jeunes auront déjà un an d’expérience. Ils auront les automatismes avec les anciens que j’espère vraiment pouvoir garder et je pense que la saison prochaine on va pouvoir réfléchir à la DH. L’année prochaine il faut jouer le top 3 de la division 1 et préparer déjà les futurs renforts pour que si on monte, on soit capable de se maintenir. Je ne veux pas monter pour descendre. Ici à Uccle il n’y a pas le même risque que j’avais à l’Orée. Là-bas si on ne montait pas, des joueurs partaient. Et on connaît bien l’hémorragie que l’Orée vit au quotidien mais je pense que c’est parce que les joueurs ne sont pas clubmen. Par contre, je pense que tout les jeunes qui travaillent avec moi ici, adorent le club et travaillent beaucoup pour l’école des jeunes et donc sont très investis dans leur club. Je ne crois pas qu’on va les perdre, ils vont faire les choses step by step et ne pas précipiter les choses.

 Quels conseils peux-tu donner aux jeunes d’Uccle sport ?  Car on sent vraiment qu’il y a une nouvelle dynamique dans le club, chez les dirigeants, chez les jeunes.

Travailler sérieusement. Je donne comme conseil de bien gérer leur agenda, car dans le hockey pour arriver à un haut niveau cela demande beaucoup de sacrifices : c’est 2 ou 3 entrainements par semaine, une bonne hygiène de vie. Les études passent parfois avant et  c’est très difficile de s’organiser pour faire du sport de haut niveau et réussir dans les études. Pour arriver au top niveau, il faut sacrifier pas mal de choses au niveau « loisirs ». Il n’y a rien qui se fait sans sacrifice ou effort. J’ai déjà vu jouer les cadets : il y a des joueurs avec un très bon niveau. Ils doivent commencer à se gérer au niveau des études, de l’hygiène de vie, et aussi au niveau mentalité. Ils doivent regarder énormément de matchs de hockey, car on apprend beaucoup en regardant les plus âgés et ils doivent participer à la vie du club.

 Que penses-tu du staff avec qui tu travailles ?

Très honnêtement, je suis parti un peu dans l’inconnu mais actuellement je suis très content du travail de William. Il est très dynamique, prépare bien ces entrainements, et je pense que pour Uccle qu’il travaille sur l’avenir pour former des joueurs. L’idée de former des entraineurs comme William qui est Ucclois pour m’assister dans les tâches de l’équipe première, c’est une très bonne chose.

L’entraineur physique est très bien, on a un très bon feeling, il est très professionnel, il est kiné en plus et il est motivé.

Le manager est génial, Marc c’est quelqu’un qui connaît le hockey, il a une super mentalité comme son fils (Jo Defise).  Il est toujours positif, toujours au taquet (comme on dit en Belgique), pour que les joueurs soient bien et il est très organisé parce que tout ce qu’il fait, c’est parfaitement exécuté. Je m’entends très bien, et c’est important à mes yeux car dans les moments difficiles en match ou en après match, je peux discuter et analyser les choses calmement avec lui.

 Et de nos nouvelles installations ?

C’est formidable. Il n’y pas que moi qui le dit, chaque club qui vient ici le dit. Et chaque personne que je croise dans le hockey me le dit. Les infrastructures sont vraiment excellentes.

 Et puis, toi qui a côtoyé énormément de joueurs, quel est ton joueur préféré ?

Mon joueur préféré au niveau mondial et que j’ai vraiment aimé coacher c’est Lucas Vila, car il était tellement doué et tellement humble. Il a énormément apporté à l’Orée autant comme joueur que comme personne.

Après, il y a des joueurs que j’admire, comme Jérome Truyens, car faire la carrière sportive et les études qui l’a fait (exactement le message que je voulais faire passer aux jeunes) c’est un exemple pour la jeunesse. Il s’entrainait 4 ou 5 par semaine avec l’équipe nationale, il n’a jamais raté un entrainement avec son club non plus et il a réussi avec distinction Solvay en néerlandais. Ensuite, le joueur qui m’impressionne et qui m’a toujours impressionné c’est Teun de Nooijer, c’est le joueur le plus complet.

 Ton équipe de foot préférée ?

Bocca Juniors depuis que je né. Je suis un fanatique

 A quelle place  penses-tu être le 01 mai ? Est-ce réalisable ?

Je pense qu’on peut viser la  5ème  place.

 Pourtant beaucoup de joueurs parle du top 4.

Je pense que c’est un peu haut, mais c’est pas mal de penser top 4 et finir 5ème. C’est toujours bien de viser un peu plus haut mais 5ème ce serait déjà une super saison mais tout se joueura au deuxième tour. Je prépare déjà beaucoup de matchs de préparation contre des équipes de division Honneur. Comme cela on va continuer de progresser. La clé ce sera la préparation.

 Un dernier mot que tu voudrais faire passer ?

Je remercie Uccle Sport. Les joueurs de l’équipe première me donne plaisir à venir les entrainer et je remercie aussi le dirigeants, le club, les gens : c’est tellement gai de venir au club, même si c’est mon travail. Parfois on va au travail parce qu’on travaille. Ici je travaille, j’ai des amis et je me sens vraiment bien, donc pour l’instant je remercie Uccle et mes joueurs de me faire confiance.

Interview de Julian Kamps.

Les interviews sont accessibles à partir de la page équipes messieurs d’Uccle Sport.

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